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Née à Montreuil en 1973, Emmanuelle Grundmann a fait sa maîtrise de Biologie des Organismes et des Populations à Paris VI, et poursuit ses études par un DEA en Biologie du Comportement. Sa thèse en Éco-Éthologie, réalisée au Muséum national d’Histoire naturelle sur les comportements et la conservation des orangs-outans l’amène alors à s’immerger totalement en forêt tropicale, sur l’île de Bornéo, au milieu de ces grands singes.
photographie : cyril ruoso
Grâce à ses très nombreuses enquêtes exercées sur le terrain et partout dans le monde, ainsi qu’à ses connaissances théoriques, Emmanuelle Grundmann est aujourd’hui un témoin rare, ainsi qu’une experte fiable et reconnue de la biodiversité. Elle anime régulièrement des conférences, en particulier sur les problématiques liées à la déforestation et donc à l’érosion de la biodiversité. De plus, elle travaille actuellement à un essai sur ce thème ; « Demain, seuls au monde ? L’homme sans la biodiversité » (Éditions Calmann-Lévy, sortie le 3 mars 2010 à l’occasion de l’Année internationale de la biodiversité).

À l’heure où l’Homme, émerveillé, prend conscience de la diversité quasi infinie du vivant, il s’aperçoit également, peut-être trop tard, qu’il en est l’ennemi mortel et que, paradoxalement, il ne pourra survivre sans elle.
La sixième extinction de masse est en cours, mais, cette fois-ci,
le principal responsable de cette hécatombe se nomme homo sapiens.
Devenus sédentaires au néolithique, nous avons commencé à modeler
la nature suivant nos besoins. En a découlé une prolifération d’espèces
nouvelles nées de l’élevage et des pratiques agricoles, et en même
temps une destruction de plus en plus intense de l’habitat naturel des
espèces sauvages.
Tout s’accéléra aux XIXe et XXe siècles, lorsque surgirent la révolution
industrielle, la colonisation, la poussée démographique et pour finir la
mondialisation, avec leur maux désormais bien connus : surpopulation,
pollution, déforestation, réchauffement climatique, au profit d’une
économie devenue l’unique chef d’orchestre de notre existence.
Mais la mort de la nature, c’est la mort de l’Homme : sans les abeilles,
qui pollinisera nos fleurs, prémisse indispensable à la production des
céréales, fruits et légumes ? Sans les poissons et les crustacés, où des
millions d’hommes trouveront-ils les protéines animales nécessaires
à leur survie ? Sans les micro-organismes, qui recyclera nos déchets
organiques ? Sans les plantes tropicales et le savoir botanique des
peuples forestiers, où trouverons-nous les médicaments pour soigner
nos maladies ?
Emmanuelle Grundmann, dans cet essai passionnant et passionné, didactique et poétique à la fois, plaide la cause de la biodiversité et nous met en garde : au rythme où nous la détruisons, en 2100 nous serons seuls au monde. Dès lors, c’est notre propre extinction qui sera programmée. Une vieille utopie se muera en cauchemar, sauf si, comprenant enfin la véritable valeur de la biodiversité, nous parvenons à inverser le cours des choses…
Emmanuelle Grundmann est aussi l’un des principaux rédacteurs de notre web(maga)zine.
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