Texte : Stéphane Brousse
Illustration : Ermeline Tomasz
Extraits
Lorsque l’être humain apparaît sur Terre, l’élément végétal y est présent depuis la nuit des temps. Entre hommes et plantes se nouent d’emblée des relations étroites, pour ne pas dire intimes. Certains arbres vont être distingués d’abord pour des raisons pratiques.
Celui-ci produit des fruits comestibles. Celui-là procure un bois solide. Cet autre encore prodigue une flamme réconfortante. Telles essences ensuite, pour des raisons plus mystérieuses, sont affiliées aux mythes fondateurs, puis aux religions archaïques.
Lorsque s’étiolent les antiques croyances, le végétal reprend peu à peu son unique dimension fonctionnelle. Néanmoins quelques arbres vénérables, de nos jours encore, sont nimbés d’une aura féérique qui confine au sacré.

Illustration : Ermeline Tomasz
[...] Le fruit du figuier commun est depuis la nuit des temps un symbole de fécondité. Une tablette babylonienne évoque au centre du monde l’existence d’un figuier sacré nommé Kishkanu, sous lequel la déesse de l’abondance et le dieu de la fertilité viennent se reposer.
Dans l’Égypte ancienne, le figuier sycomore est l’arbre de Nout, déesse du ciel, source de lumière et de renaissance. Le dieu Hathor y trouve refuge et décide d’y créer le monde. La figue est nourriture des morts et fruit d’immortalité. Un sarcophage en bois de sycomore assure au défunt une félicité éternelle. [...]
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